Histoire de
Roncevaux


PRÉHISTOIRE ET ANTIQUITÉ

RONCEVAUX, LIEU DE PASSAGE ET CHEMIN HISTORIQUE

Orreaga-Roncevaux, stratégiquement situé au milieu des Pyrénées, s’est développé dès son origine comme référentiel pour les voyageurs et les soldats qui traversaient la chaîne Pyrénéenne.
Les différentes cultures se sont combinées, mais leur témoignage culturel est presque anecdotique à cause du transit incessant.


Femme d’Aizpea (Aribe). Elle a été datée d’environ 6660 ans. Musée de Navarre.

Si les Romains, des ingénieurs expérimentés et spécialisés qui ont tracé un complet système routier par toute l’Europe, ont choisi cette région pour construire la voie romaine en provenance de la Gaule vers la partie occidentale de la péninsule (la renommée voie « Bordeaux-Astorga »), c’est parce que cet endroit était déjà un lieu de passage. Des restes archéologiques témoignent des nombreuses vagues migratoires en temps préhistoriques.

Le peuplement du territoire a commencé vers la fin du Paléolithique, c’est-à-dire, environ l’an 10.000 av. J.C., comme le prouvent les restes trouvés dans des zones limitrophes et avec une physionomie similaire: la partie la plus septentrionale de la Vallée de Baztán ou la Basse Navarre.

Cromlech à Sorogain / Dolmen de Soroluce

Vers l’Age du Bronze et l’Age du Fer, les chasseurs semi-nomades se sont graduellement établis et ont eu une présence plus immédiate dans la région d’Orreaga-Roncevaux et dans les territoires voisins. Il y a de nombreux restes mégalithiques, tels que des monuments funéraires ou rituels en pierre en plein air. Les dolmens de la zone d’Orreaga-Roncevaux appartiennent a un sub-secteur du secteur dolménique de Nord de la Péninsule, connu comme « Urepel-Ibañeta-Orbaiceta ».

L’accessibilité de ce passage pyrénéen a favorisé l’arrivée dans la région d’Orreaga-Roncevaux de nouvelles vagues de gens, qui s’incorporaient aux groupes plus ou moins sédentaires. Cette partie des Pyrénées a été la principale voie de pénétration des soi-disantes « invasions celtiques ». Les celtes ont apporté de nouvelles formes urbaines et modèles d’organisation sociale. Parmi les restes mégalithiques, tels que les « cromlechs » (monuments liés à des rites funéraires dont les pierres sont arrangées en cercles entourant l’enterrement) sur les versants sud du Mont Urkulu.

La voie pyrénéenne s’est consolidé lentement, et elle est devenue témoin du passage des légions romaines, des voyageurs, des invasions barbares, des armées visigothes, des troupes musulmanes en direction Poitiers, des ambassades chrétiennes dans les deux sens, et la plus célèbre armée de la France du Haut Moyen Age : la crème de la cavalerie et le cortège le plus éblouissant qui traversa les Pyrénées avec Charlemagne en 778.


XIIÈME SIÈCLE

LA BATAILLE DE RONCEVAUX (AN 778))

Bien que Roncevaux ait toujours été une importante voie de communication, son renom s’est accru avec la campagne de Charlemagne en Espagne. Lors de leur retraite après l’échec à Saragosse, le héros Roland et l’arrière-garde de l’armée française, fut abattu dans la profonde cuvette de Luzaide-Valcarlos.


Gravure du XIXe siècle. Charlemagne pleure le chevalier Roland.

Le VIIème siècle s’est caractérisé à Pampelune par l’antagonisme entre les musulmans, plus ou moins liés avec quelques familles locales, et le royaume français, profondément chrétien et lié aussi avec d’autres sphères chrétiennes dans la péninsule. C’est en ce contexte que Charlemagne a commandé son armée originairement vers Saragosse. Pourtant, cette campagne a affecté directement le territoire de Pampelune, car Charlemagne fit détruire les remparts de la ville pour sauvegarder son retour en cas de défaite à Saragosse.

Au retour de cette expédition échouée, quand l’armée de Charlemagne descendait les Pyrénées, l’arrière-garde, commandée par Roland, son plus cher chevalier, et le reste des douze pairs de la France, fut abattue par une armée dont l’origine est encore un mystère de nos jours. Selon la légende, c’est là que Roland fit sonner son olifant en ivoire pour avertir le reste de l’armée et qu’il lança sa glorieuse épée « Durandal » dans l’eau afin d’éviter qu’elle tombe entre les mains de l’ennemi.

La localisation exacte de la bataille est aussi une inconnue. La tradition et la « Chanson de Roland » ont situé le champ de bataille où Roland fit sonner son olifant jusqu’à la mort et où l’empereur Charlemagne le trouva entouré de ses pairs morts sur le sommet d’Ibañeta.

On ignore aussi l’identité des vainqueurs. Les historiens proposent trois hypothèses: une entente de Vascons et musulmans ; une entente de Vascons des deux versants des Pyrénées ; des Vascons ultrapyrénéens mécontents du renforcement du régime franc en Aquitaine.


IXÈME SIÈCLE

LE DÉBUT DU PELERINAGE

Bien que le culte à Saint-Jacques et la vénération de ses reliques ait commencé à se développer au IXème siècle, on ne sait pas exactement quand les gens on commencé à faire le pèlerinage. De toutes façons, ce fut au début du Xème siècle quand, grâce à la consolidation de la monarchie chrétienne, le chemin est devenu plus sûr.


On a souvent attribué à Sancho III el Mayor (1004-1035) la consolidation et el  » nouveau tracé  » du chemin de Compostelle tel qu’on le connaît de nos jours. Pourtant on sait bien que ce fut Sancho Garcés I (905-925) qui établit le tracé sur l’ancienne voie romaine jusqu’à Pampelune et vers Nájera, puis en direction ouest suivant le  » chemin des étoiles « , en même temps qu’il organisait une monarchie chrétienne dédiée à élargir ses domaines en détriment des musulmans et à achever des bonnes ententes avec les autres territoires chrétiens de la péninsule.

Les premières nouvelles portant sur centre d’assistance au Summo Pyrineo datent de la fin du XIème siècle, quand les monarques de Pampelune, et spécialement Sancho el de Peñalén, ont accordé l’assistance aux pèlerins au Monastère de Leire, situé à l’entrée de la route de Jaca en Navarre. Un petit monastère construit au sommet d’Ibañeta fut l’objet de la donation au Chapitre de Leire. Il n’y a aucun vestige de l’ancien édifice, que l’on appelait la  » Chapelle de Charlemagne  » ou  » de Roland « . De nos jours, sur ce même site se trouve l’ermitage de San Salvador.

Pourtant, pendant l’alliance temporaire entres les royaumes de Navarre et d’Aragon (1076-1134), la nouvelle dynastie a décidé d’accorder la mission à la Collégiale de Somport, qui assistait les besoins de la route en provenance de Toulouse et qui, depuis le XIIème siècle, possédait une petite auberge près d’Ibañeta.

Quelques ans plus tard, l’évêque de Pampelune a décidé d’intervenir dans cette politique assistancielle contrôlée par le Monastère de San Salvador de Ibañeta et la Collégiale de Somport, au point principal d’entrée des intenses courants de pèlerins.


XIIÈME SIÈCLE

UN NUVEAU HÔSPITAL POUR LES PÈLERINS

En 1127 L’évêque de Pampelune, le prélat Sancho de la Rosa, décida de créer une confrérie de prêtres et de laïques responsable d’assister les pèlerins dans le voisinage d’Orreaga-Roncevaux. Les circonstances politiques ont décidé que le petit hôpital devienne en centre d’assistance beaucoup plus important.


Lors de la séparation des royaumes de Navarre et Aragon en 1134, la Collégiale de Somport et le monastère de Leire ont pris parti pour le royaume d’Aragon. Conséquemment, le roi navarrais García Ramírez décida de favoriser l’hôpital de Roncevaux en détriment de ses voisins. Le monarque obtint de l’évêque Sancho la création d’un Chapitre de chanoines pour gérer l’auberge et l’église, ainsi que l’octroi de plusieurs droits pécuniaires sur les vallées voisines et sur plusieurs lieux dans le voisinage de Pampelune. Le petit hôpital devint donc un centre religieux d’une certaine importance.

Le temps passant, le roi et ses successeurs, les évêques toujours protecteurs, les pairs de la noblesse navarraise et même des pèlerins reconnaissants ont fait donation de petites propriétés et de droits à Orreaga-Roncevaux ou dans d’autres zones de la Navarre.

Cette prospérité et croissance économique ont permis de construire la chapelle du Saint-Esprit et un hôpital dont il n’en reste aucun vestige, mais qui a été cité dans le  » Poème de Roncevaux  » datant du début du XIIIème siècle.

L’organisation de Roncevaux était pareille à celle de la Cathédrale de Pampelune. Le Chapitre de Roncevaux suivait la Règle de Saint Augustin et était présidé par un Prieur.


XIIIÈME SIÈCLE

L´APOGÉE DE RONCEVAUX

Le XIIIème siècle a été sans doute une époque de la plus grande importance pour la Navarre, et conséquemment aussi pour Orreaga-Roncevaux, qui vécut une notable période d’expansion. Pendant ce cycle florissant, qui s’étendit au XIVème siècle, le Chapitre s’est consolidé dans son indépendance et sa puissance avec l’élargissement de ses domaines et ses droits ecclésiastiques.


Depuis la fin du XIIème siècle, la Collégiale avait joui de la protection du roi Sancho VII el Fuerte, enterré dans la Chapelle de Saint Augustin, et d’autres nobles navarrais. La Collégiale possédait des droits de plus en plus élargis et la communauté des chanoines était devenue de plus en plus puissante, en concurrence avec le Chapitre de la Cathédrale de Pampelune. Dès la moitiés du XIIIème siècle, les Prieurs de Roncevaux ont été détenteurs du privilège pontifical pour porter l’anneau, la crosse et d’autres insignes de l’évêque. Le Prieur du Chapitre de Roncevaux devint la plus importante personnalité du clergé navarrais après l’évêque, ainsi qu’un des conseillers du souverain.

L’antagonisme de Roncevaux et le siège de Pampelune portaient sur la revendication d’indépendance de la Collégiale. Vers la fin du XIIIème siècle, lors des litiges et des allégations, la Collégiale a finalement vaincu et il a été évident qu’elle se composait d’une communauté de chanoines suivant la Règle de Saint Augustin, qui éliaient leur Prieur à vie parmi eux et qui administraient leur biens librement.

La richesse et le développement d’Orreaga-Roncevaux ont exigé l’organisation d’un système de percepteurs et l’établissement d’un organigramme administratif dont l’unité fondamentale était « la encomienda » (sorte de rente viagère). La présence d’Orreaga-Roncevaux traversait les frontières et, grâce aux donations et aux offrandes pieuses, ses domaines se sont étendus par toute la péninsule. Parmi ces donations, la Villa de Villagra (Léon) et Luimil (Castelomendo) au Portugal. De l’autre coté des Pyrénées, parmi ses possessions les plus importantes : Charing, à Londres, Santa María Mascarella à Bologne (en Italie) et plusieurs biens à Toulouse.

Cette période de puissance économique peut être aperçue de nos jours dans l’ensemble monumental. C’est pendant ce stade de splendeur et d’expansion que l’on a construit l’église de Saint Jacques, l’édifice hospitalier (Itzandegia) et l’église de Notre Dame, le cœur de la Collégiale. La richesse d’Orreaga-Roncevaux a augmenté avec l’arrivée de plusieurs œuvres, telles que l’Évangéliaire en argent et un coffre en argent doré à décor de filigrane, et la création du Codex « La Pretiosa », une compilation de documents de l’époque.


XIVÈME SIÈCLE

RONCEVAUX, LE PROTAGONISTE DE LA VIE POLITIQUE

L’expansion ayant octroyé à la Collégiale une puissance économique indubitable, vers la fin du XIIIème siècle la communauté comptait plus de 60 personnes entre ses membres permanents. La position d’Orreaga-Roncevaux était si florissante, que la Collégiale pouvait même prêter de l’argent à la couronne royale. A ce moment, l’accroissement du patrimoine cesse, et tous les efforts portent sur l’administration des ressources existantes.


Les disputes avec le Chapitre de Pampelune finies, il a été décidé que le siège de l’évêque ne pouvait plus intervenir dans le gouvernement du Chapitre pyrénéen, spécialement à l’occasion de l’élection du Prieur. Jusqu’à la deuxième moitié du XIVème siècle, c’était l’évêque qui confirmait l’appellation, mais puis on a déclaré que c’était une faculté exclusive du pontifice. Ces circonstances on marqué l’ascension définitive du Prieur de Roncevaux parmi le clergé navarrais et dans la vie politique du royaume.

Au début du XIVème siècle, l’administration et la répartition des fonds de la Collégiale qui ont provoqué des disputes internes entre le Prieur et les membres du Chapitre, apparemment à cause des excès arbitraires du Prieur dans la gestion du patrimoine.

Ces luttes intestines ont duré jusqu’à la fin du siècle, quand elles ont été résolues définitivement lors de la reconnaissance de la condition canoniale des membres du chapitre. Cette décision a satisfait les deux parties : le Prieur demeurait responsable de l’administration des rentes, el le Chapitre disposait de ses propres lignes budgétaires.

Dès la fin du XIVème siècle, les Prieurs de la Collégiale ont joué un rôle actif dans la vie politique du royaume. Le roi Carlos III avait un modèle de gestion et de gouverner fondé sur les relations personnelles, la négociation et la diplomatie. Les Prieurs de Roncevaux ont conseillé le monarque en questions portant sur le schisme de l’Église, conclu en 1417, et leur pouvoir a augmenté considérablement. Puis ils ont servi la reine Blanca, fille de Carlos III, comme secrétaires personnels et ambassadeurs, et le prince Carlos lors de son appellation comme lieutenant du roi Juan II.

L’immense patrimoine de la Collégiale a commencé a décliner vers la fin du XIVème siècle. Orreaga-Roncevaux s’est concentré sur la gestion de ses bien en territoire navarrais, le reste de ses propriétés étant disparues à cause de la distance et des conflits. Pour la première fois de son histoire, la Collégiale a cessé de prêter de l’argent et a du l’emprunter.

Une foi commencée la guerre civile entre les  » Agramont  » et les  » Beaumont « , Juan II et son fils, le père étant d’un coté et le fils de l’autre, ont essayé d’achever l’appellation d’un membre du clergé favorable à leur faction. La guerre finie, et perdue pour les  » beaumontais « , le Prieur de Roncevaux a perdu sa prééminence dans la Cour. Pourtant, vers le début de siècle suivant, on a décidé d’adopter une solution salomonienne et d’alterner des  » beaumont  » et des  » agramont  » dans le poste, et la situation du Prieuré s’est donc stabilisée. Cependant, l’ensemble avait l’air désolé, mais la réhabilitation, bien que nécessaire, n’arriva jusqu’à la normalisation du royaume en 1512.

On remarque, parmi les œuvres arrivées à Orreaga-Roncevaux au XVème siècle, la soi-dite  » Notre Dame du Trésor « ,  » Notre Dame de Roncevaux  » et le soi-dit  » Jeu d’échecs de Charlemagne « , un original reliquaire Gothique de la deuxième moitié du XIVème siècle.

Quant à l’architecture, c’est en cette période que l’on a fait construire la tour de l’église. Il faut signaler aussi que les deux feus dont l’église a été proie ont eu lieu en ce siècle.


XVI-XVIIIÈMES SIÈCLES

LE GRANDE RÉFORME

Les temps difficiles du siècle précédent ont cédé le pas a une centurie vitale sous la direction du Prieur Francisco de Navarra. Le Prieur, conseillé par un illustre membre de la culture de son temps, Martín de Azpilcueta, a décidé de finir avec la désorganisation économique et hospitalière.


Vers la moitié du XVIème siècle, le Prieur Francisco de Navarra, un intellectuel universitaire en provenance de l’exile, a marqué le début d’une période de stabilité dans l’administration économique qui s’est étendue dans trois siècles. Conseillé par Martín de Azpilcueta, Chanoine de Roncevaux et juriste de renom international, adopta en 1531 un nouveau modèle de gestion y répartition des rentes de la Collégiale. La réforme consistait à partager les revenus en trois parties équitables: une pour le Prieur, une autre pour le Chapitre et une autre pour les besoins d’assistance, construction et réhabilitation des édifices.

La nouvelle politique économique et le déclin du pèlerinage ont permis de destiner une troisième parti des rentes entièrement a la réhabilitation du patrimoine architecturale de la Collégiale. Quand en 1600 le poids de la neige a fait s’écrouler le toit du cloître gothique, il n’y a eu aucun problème pour le réparer rapidement.

Par ailleurs, les guerres continues entre l’Espagne et la France ont exigé de liquider les possessions situées en France, qui ont été échangées par des propriétés en territoire navarrais. Ces guerres, et le schisme de la Chrétienté ont provoqué une chute du nombre de pèlerins.

Le flux de pèlerins était minimale, mais la croissance économique a permis de bâtir de nouveaux édifices, tels que les logements des  » beneficiados « , qui étaient des ecclésiastiques appartenant à un échelon inférieur à celui des chanoines.

Au XVIIème siècle on a fait construire l’hôtellerie, puis l’  » ancien  » moulin vers la fin du XVIIIème siècle. Dans cette logique, il n’est pas étonnant qu’on ait décidé d’ériger un nouvel hôpital dans le complexe de la Collégiale.


XIXÈME SIÈCLE

LA DIFFICILE SURVIVANCE

La Révolution de 1789 marqua la fin de la monarchie et des principes fondamentaux des régimes européens. L’enchaînement d’événements de guerre subséquent a affecté aussi cette région, et Orreaga-Roncevaux et les vallées voisines ont souffert intensément les conséquences des nombreuses guerres.


A cause de sa position frontalière et stratégique, l’hôpital de Roncevaux a été utilisé par l’armée du Général Ventura Caro comme quartier. Le Chapitre a même dû abandonner, transitoirement et pour la première fois de son histoire, les édifices de l’ensemble.

Après la guerre, la région étant dévastée, le Chapitre a dû réhabiliter la Collégiale et a participé a la reconstruction des municipalités voisines, dont les églises et maisons dépendaient de la Collégiale. Cette situation a obligé a changer la manière de partager les revenus.

La nouvelle distribution des revenus a revécu le projet pour bâtir un nouveau hôpital, les anciens édifices étant très endommagés. Mais ce projet ne fût pas achevé à cause de l’invasion de Napoléon en 1808, populairement connue comme  » La Francesada « .

Donc, pour la deuxième fois de son historie, la Collégiale est devenue quartier militaire. Puis, en 1819 on a bâti le palais du Prieur, la nouvelle résidence des chanoines. Les années suivant la Guerre d’Indépendance ont été une trêve avant le tourbillon révolutionnaire de 1820, le déclin absolutiste, l’éclat de la guerre Carliste et les désamortissements des régimes libérales de la reine Isabelle II. De 1844 à 1866 cette communauté religieuse a subit une phase de déclin et elle a presque disparu.


XX-XXIÈMES SIÈCLES

LA MODERNITÉ ET LE REDRESSEMENT

Le XXème siècle a été une période assez tranquille. Sauf la résurgence du pèlerinage pendant la deuxième moitié du siècle, les constants des derniers cent ans ont été les nominations de chanoines et Prieurs, plusieurs projets pour réformer les statuts et les activités d’enseignement. Pourtant, dans les années 70, coïncidant avec un déclin dans la communauté ecclésiastique, les règles régissant les activités du Chapitre des chanoines réguliers de Saint Augustin ont été profondément réformées. Cette réforme a coïncidé avec une nouvelle et inattendue relance du Chemin de Saint-Jacques et de la dévotion à Notre Dame de Roncevaux, manifestée en nombreuses « romerías ».


L’an 1983 a marqué le commencement d’un nouveau chapitre dans l’historie de Roncevaux. Le Chapitre régulier s’est transformé en Chapitre séculier, composé de chanoines curés suivant les mêmes règles que le reste du clergé diocésain. L’objectif du changement était de consolider la vie ecclésiastique à Orreaga-Roncevaux, de plus en plus faible. Le chapitre se compose de curés responsables des paroisses voisines et qui habitent dans l’Église Collégiale ou dans les municipalités voisines.

Les Associations des Amis du Chemin, dont les navarraises ont été pionnières, ont commencé à récupérer le mouvement pèlerin. Cet élan a reçu l’appui des instances civiles et religieuses. L’apogée de cet effort a été sans doute la célébration en 1993 de  » l’Année de Saint-Jacques « , quand une grande vague de pèlerins a fait le Chemin vers Saint-Jacques de Compostelle. L’extraordinaire essor du Chemin de Saint-Jacques a dynamisé la vie de l’Église Collégiale, dont, parmi d’autres interventions, l’inauguration d’un bureau de renseignement pour les pèlerins.

Point d’entrée en Navarre pour les pèlerins, l’Église Collégiale est aussi le centre et point de départ de nombreux itinéraires culturels et naturels dans les régions pyrénéennes voisines.

Le soutien de Roncevaux provient essentiellement des activités agricoles et hôtelières, mais l’assistance des instances officielles est nécessaire pour le soutien de l’ensemble historique et artistique.

Tout au long des siècles, Notre Dame de Roncevaux a été l’objet d’une très grande dévotion manifestée en nombreuses  » romerías  » (petits pèlerinages). Ce sont des célébrations coloristes et solennelles en même temps, pleines de ferveur religieuse et d’envie de jouir. En plus, c’est la manifestation du lien de Roncevaux avec d’autres peuples, de leur solidarité et de leur cohésion.


LES PRIEURS DE RONCEVAUX

Liste des Prieurs de la Collégiale de Roncevaux dès le dur commencement au XIIe siècle, en passant par l’ère de splendeur, jusqu’à la crise du XIXe siècle et la renaissance actuelle du Chemin de Saint Jacques.

Sancho
Pedro de Aibar
Guillermo
Fortún de Badostáin
Martín Guerra
García
Fernando
Sancho
Lope
García López (Ochoa)
Andrés Ruiz de Medrano
Juan Sánchez de Airaga
García Ibáñez de Viguria
Sancho García de Echagüe
Miguel de Tabar
Jimeno de Aibar
Sancho de Meoz
Juan Galiondo de Tafalla
Juan de Egüés
Fernando de Egüés
Francisco de Navarra
Antonio de Fonseca
Juan de Silveira
Francisco de Toledo
Antonio Manrique de Valencia
Diego González
Diego Balbás
Lope Valdivieso de Velasco
Martín Manso de Zúñiga
Pedro Miguel
Juan Manrique de Lamariano
Pedro de Hoces
Juan de Velasco y Acevedo
Andrés Santos de San Pedro
Francisco de Torres Grijalba
Marcelo Lópe de Azcona y Dicastillo
Miguel Cruzat
Martín Martínez
Gil de Echauri y Zárate
Gabriel Agudo Sendín
Francisco Marín y Rodezno
José Íñiguez y Abarca
Francisco de la Torre y Herrera
Jaime de Solís y Gante
Juan de Aristia
Féliz Rubín de Celis
José Joaquín de Úriz y Lasaga
Juan Bautista de Reta Santesteban
Lino Barricarte (abad)
Francisco Polit González
Nicolás Polit González
José Urrutia Beraiz
Fermín Goicoechea Jaunsaras
José Iturria Miranda
Agapito Martínez Alegría
Máximo Echeverría Sanz
Jesús Labiano Villanueva
Jesús Idoate Gil
Juan Carlos Elizalde Espinal
Francisco Javier Izco Barbería
Bibiano Esparza Tres

1137
1152 – 1155
1164
1194 – 1199
1203 – 1216
1217
1218 – 1220
1226
1232 – 1267
1270 – 1300
1302 – 1327
1335
1346
1347 – 1376
1383 – 1389
1390 – 1410
1410 – 1418
1419 – 1454
1454 – 1500
1500 – 1518/22
1518/24 – 1542
1542 – 1545
1545 – 1546
1546 – 1555
1555 – 1575
1575 – 1588
1588 – 1599
1600 – 1611
1613 – 1616
1618
1619 – 1628
1629 – 1632
1632 – 1637
1637 – 1639
1640 – 1648
1648 – 1652
1652 – 1655
1655
1656 – 1667
1668 – 1672
1672 – 1680
1681 – 1712
1713 – 1730
1730 – 1759
1760 – 1784
1784 – 1801
1803 – 1815
1816 – 1833
1852 – 1855
1866 – 1887
1887 – 1906
1906 – 1915
1915 – 1943
1948 – 1956
1957 – 1976
1977 – 1984
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